La situation dans les cantines villeurbannaises

Villeurbanne est une ville prospère qui a vu sa population augmenter de plus de 8 000 habitants en une dizaine d’années depuis 2005, sans qu’aucune nouvelle école ne voie le jour ! Dans ces conditions, comment s’étonner que nombre de tensions s’expriment parmi les populations victimes de cette situation ?

Ce n’est pas la future école provisoire Rosa Parks, prévue pour 2016, qui résoudra les problèmes : le nom de cette dernière, héroïne de la lutte contre la ségrégation aux Etats Unis en 1955, couvrira en réalité une atteinte grave à l’égalité d’accès aux droits des collégiens du collège Morice Leroux, puisque l’édification de ce bâtiment sur le terrain de sport, les privera de sa jouissance, sans parler des contraintes imposées aux familles des élèves du primaire concernées, obligées de se partager pour l’accompagnement de leurs enfants en maternelle ou en primaire en des lieux éloignés les uns des autres !

Tous ces nouveaux villeurbannais ont des enfants ( plus de 8500) inscrits en restauration scolaire . Trois services à table sont nécessaires pour permettre aux enfants de se restaurer, aussi certains ne peuvent se nourrir avant 13h, (trop long intervalle pour de jeunes organismes entre deux repas !)

Les personnels de cantine sont aussi soumis à des conditions de fonctionnement très et trop dures : en moins de 50 minutes, dresser les tables, servir les enfants, veiller à leur repas, se nourrir eux-mêmes en même temps, puis, aussitôt débarrasser et nettoyer les tables .Il n’est donc pas surprenant que de telles conditions de travail entrainent avec la pénibilité qui les accompagne, un taux d’absentéisme d’autant plus important que le budget prévu pour les remplacements lors des congés de maladie a diminué de plus de la moitié ! Les personnels, malgré leurs lourdes charges de travail, sont alors contraints de palier les absences de leurs collègues, en assurant un service normal . Comment s’étonner alors que dès le 22 mars, des agents de la ville de Villeurbanne se soient mis en grève reconductible, et la reconduisent encore le 2 mai 2016 ?

La municipalité de Villeurbanne fait la sourde oreille aux revendications des grévistes : elle ne veut pas leur accorder plus de 1,2% de revalorisation de leur indice alors que leur salaire net n’atteint pas 1400 euros mensuels et que cette augmentation ne représenterait que 0,15% du budget confortable de la ville …

Leurs très mauvaises conditions de travail influent sur le comportement des agents qui lui aussi se répercute sur l’atmosphère dans laquelle baignent les enfants, source de tensions supplémentaires au niveau scolaire . Pourquoi ne pas accorder la création revendiquée de 12 postes supplémentaires ?

La Ligue des droits de l’Homme, à Villeurbanne, soucieuse du « mieux vivre ensemble », reconnait la totale légitimité des revendications des agents municipaux et souhaite que la municipalité prenne, par l’amélioration des conditions de travail des personnels concernés, les mesures permettant de meilleures conditions à l’accueil des enfants dans les cantines.

Villeurbanne 2 mai 2016

LDH Villeurbanne Maison Berty Albrecht, 14 pl. Grandclément, 69100 Villeurbanne