Tchetchénie 19 septembre 2017

Poutine et Kadyrov : la brouille impossible.

Le Nœud Caucasien (14/09/2017)

Le Kremlin cherche à renforcer la position de Ramzan Kadyrov en considération de sa loyauté. Cette opinion a été émise par les analystes politiques Dmitry Oreshkin et Alexei Malashenko.

Dmitry Oreshkin a déclaré au correspondant du Noeud Caucasien : "Ramzan Kadyrov est un personnage politique singulier en Russie. En Russie trop de choses dépendent du premier personnage de l'état et Ramzan Kadyrov est son projet personnel. C'est Vladimir Poutine qui renforce la position de Ramzan Kadyrov. A son tour le leader tchétchène comprend parfaitement bien que pour son avenir politique il est nécessaire de manifester une loyauté personnelle "sans borne", dans le sens négatif du mot. Le leader tchétchène ne peut pas se brouiller avec Vladimir Poutine."

Selon ce même analyste "chaque année les ambitions de Ramzan Kadyrov ne font qu'augmenter. C'est le dirigeant de la Tchétchénie qui est derrière l'organisation des manifestations spontanées en soutien aux musulmans du Myanmar."

"Ainsi Ramzan Kadyrov renforce sa position à Moscou et titille les forces de l'ordre. Dans le cas des manifestations à Moscou il a montré au maire de Moscou Serguey Sobyanin qui est vraiment le maitre dans la capitale russe. En outre, Ramzan Kadyrov veut devenir un leader mondial de l'Islam. Vladimir Poutine a tiré tout bénéfice de sa confiance en Ramzan Kadyrov. Peut être est-il obligé de lui faire confiance"

"Cependant, malgré ses ambitions croissantes, Ramzan Kadyrov n'aura pas la possibilité de devenir le successeur de Poutine dans un proche avenir."

le professeur Alexei Malashenko, directeur de la recherche scientifique à l'Institut de Recherche du Dialogue entre les Civilisations remarque qu'auparavant, Vladimir Poutine et son porte-parole ont commenté les déclarations de Ramzan Kadyrov menaçant de s'opposer à la Russie si les autorités du pays prenaient le parti des auteurs des persécutions des musulmans du Myanmar.

Alexei Malashenko croit que "dans tous les cas la réaction aux déclarations du dirigeant tchétchène a été positive. Le Kremlin renforce la position de Ramzan Kadyrov parce que les autorités n'ont pas d'autre choix, comme Ramzan Kadyrov lui-même. Et on doit remarquer que Ramzan Kadyrov a alors presque donné une explication. Cela montre que le Kremlin et le dirigeant tchétchène ont tout négocié en coulisse : on peut dire qu'ils sont parvenus à se réconcilier."

Il poursuit "la normalisation des relations est mise en évidence par la visite en Tchétchénie du vice-premier ministre libyen Ahmed Maitig."

"Il restera environ trois heures à Grozny et seulement après il ira à Moscou. C'est un signe de confiance vis à vis de Ramzan Kadyrov. C'est comme si on voulait faire remarquer : 'd'abord nous t'envoyons Ahmed Maitig. Tu participes à notre politique, en dépit de tout.' Le consensus est trouvé... Il n'y a aucun désaccord entre le Kremlin et Ramzan Kadyrov."