Tchetchénie 6 Février 2018

Un avocat liégeois émet des craintes relatives à l'extradition de deux jeunes russes

(L’avenir.net, 22/01/2018)

L'avocat liégeois Marc Nève a émis lundi soir des craintes relatives aux demandes d'extraditions qui ont été formulées à l'égard de deux jeunes russes. "Le ministre de la justice Koen Geens doit décider de prendre ou non un arrêté les renvoyant respectivement vers la Tchétchénie et le Daghestan", a indiqué l'avocat qui redoute une atteinte à leurs droits fondamentaux.

La Russie demande l'extradition des deux jeunes russes suspectés de participation à des activités terroristes. Ces deux jeunes, établis en Belgique depuis des années après avoir fui leur pays, ont introduit une demande d'asile au sujet de laquelle aucune décision n'est encore intervenue.

Selon leur avocat, ils n'ont jamais été inquiétés par la justice pénale. Mais la Russie les suspecte d'activités terroristes. "L'un d'eux a transité par la Turquie, où il a travaillé de façon régulière. Les autorités russes font valoir qu'il aurait participé à des activités terroristes en Syrie. Aucune preuve concrète n'est fournie à l'appui du mandat d'arrêt décerné. Le second, depuis son arrivée en Belgique, a envoyé un peu d'argent à sa famille et notamment un cousin. Ce cousin est soupçonné d'avoir utilisé cet argent pour rejoindre ensuite la Syrie pour y combattre. Ces faits justifient ces deux demandes d'extradition", a précisé Me Nève.

S'appuyant sur des rapports internationaux, l'avocat estime que les droits fondamentaux sont bafoués jour après jour en Tchétchénie et au Daghestan. Il émet des craintes quant au sort réservé à ses clients.

"La cour d'appel de Liège a décidé de rendre exécutoires les deux mandats d'arrêt russes en vue de l'extradition, la Cour a notamment rappelé que la Russie était partie à la Convention européenne des droits de l'Homme et la réalité de la situation ayant cours dans le Nord-Caucase a été minimisée, voire ignorée. Les juges n'ont pas voulu tenir compte de rapports internationaux dès lors qu'ils étaient rédigés en anglais. Dans un second temps, la Cour de cassation s'est bornée à dire que, s'agissant d'examiner le détail de la situation dans le Nord-Caucase, ce n'est là que du fait et rien que du fait, mais qu'elle ne connait que du droit", a précisé l'avocat.

Le ministre de la justice Koen Geens doit décider de prendre ou non un arrêté renvoyant les deux jeunes vers la Tchétchénie et le Daghestan. "Le ministre peut-il ignorer la réalité des régimes politiques qui y ont cours? Peut-il ignorer la façon dont les droits fondamentaux y sont bafoués? Peut-il collaborer avec des autorités aussi décriées? Il s'impose d'empêcher ces extraditions et de ne pas renvoyer ces jeunes là où règne un arbitraire qu'ils ont courageusement fui pour rejoindre la Belgique", a encore ajouté l'avocat.