NON A L'ISSEP-LYON : UN PROJET DANGEREUX

Le 22 juin 2018, Marion Maréchal Le Pen a inauguré l'Institut de sciences sociales, économiques et politiques, dont elle est la présidente. Il est localisé dans le quartier de la Confluence et une journée portes ouvertes est prévue le 6 septembre.

DERRIÈRE LA FAÇADE INTELLECTUELLE D'UNE ÉCOLE PRIVÉE INNOVANTE...

Côté pédagogie, cette école se définit comme « une alliance innovante des savoirs de l’entreprise et des affaires publiques ». Ses valeurs  sont :« Excellence - Ethique - Enracinement - Engagement ». Elle veut promouvoir «  le savoir-vivre et le savoir-être à la française » et aussi « sport et stages d'aguerrissement».

Son président honoraire, Patrick Libbrecht (chef d'entreprise lyonnais et conférencier du Collectif Audace, structure de « jeunes actifs patriotes » gravitant autour du FN), souhaite « instaurer un rapport harmonieux entre la personne, son travail et son environnement culturel » et aussi conserver le « lien affectif et charnel qui unit l'homme à sa communauté familiale et nationale ». Parmi les modules de formation : « France et Chrétienté quel héritage ? » et « Terrorisme et Djihadisme, analyse d'un nouveau terrorisme ».

Nous sommes loin des propos de Patrick Louis : « ce qui nous intéresse c'est le débat contradictoire.On ne va pas enseigner que la pensée unique ».

Ils disent vouloir promouvoir une « nouvelle génération de décideurs et d’entrepreneurs » mais , même une école privée parisienne d'ingénieurs du numérique, l'ISEP, éprouve le besoin de se démarquer dans un communiqué du 24/05 de l'école de Marion Maréchal, non seulement sur la forme (confusion dans l'intitulé) mais aussi sur le fond car elle, l'ISEP Paris, « n'est en aucun cas un institut de mouvance politique », contrairement à l'ISSEP Lyon.

Le Conseil scientifique rassemble des universitaires, des chefs d'entreprises, des militaires , des personnalités intellectuelles françaises et étrangères toutes liées aux milieux de l'extrême droite et de la droite ultra conservatrice. Parmi elles, citons Pascal Gauchon, ex-secrétaire général du parti néofasciste Forces Nouvelles, ou encore le général Jean-Marie Faugère, qui a reçu le titre de Lieutenant pour la France  de la part du Grand Magistère de l'Ordre de Saint-Sépulcre, une association fondée en 1928 qui a pour but « le soutien des œuvres catholiques en Terre Sainte, notamment en matière d'enseignement du français ».

Avec cette école privée d'extrême droite, réservée aux riches, nous sommes à l'opposé d'un accès démocratique aux études supérieures et d'un enseignement émancipateur.

UN « FAUX-NEZ » POUR UN PROJET VISANT A FORMATER

DES CADRES D’EXTRÊME DROITE

Marion Maréchal Le Pen, ex-députée FN, est en quête de respectabilité pour construire son avenir. Elle vise l'hégémonie dans la crise actuelle de recomposition de la droite républicaine et de l'extrême droite. Il est par ailleurs hautement symbolique que le mot République et sa devise ne soient jamais mentionnés sur le site de cette curieuse « académie » !

Une partie de la droite conservatrice, notamment catholique, xénophobe et souverainiste, s'est radicalisée depuis les mobilisations contre le mariage pour tous, notamment à Lyon et est sensible à « l'opération de charme » de la Maréchal. Ce n'est pas un hasard si le Conseil scientifique est co-présidé par Patrick Louis professeur à Lyon 3 et Secrétaire général du MPF (Mouvement pour la France de Philippe de Villiers) et par Jacques de Guillebon (journaliste et directeur du mensuel ultra conservateur l'Incorrect.

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Mise à la fourrière d'une famille

coletteVoiture

Oui à l'asile, Non à la loi Collomb

21 mai 2018 – Tribune collective

« Nous soutenons les 3 de Briançon : oui à l’asile, non à la loi Collomb »

publiée dans Politis

Tribune signée par Malik Salemkour

Cet appel, à la suite de la pétition initiée par Erri De Luca et signée par Pouria Amirshahi, directeur de Politis, déclare illégitime la loi incriminant le secours aux migrants en danger, en mer comme sur terre.

Nous serons tous une « bande organisée » autour des militant.e.s de la Solidarité.

Le 21 avril les militants d'un groupe d’extrême-droite suprématiste « Génération Identitaire », a mis en scène au col de l'Echelle (05) une opération de « blocage des frontières » entre la France et l'Italie, interdisant l'accès à des personnes épuisées par un trajet en montagne, les mettant ainsi potentiellement en danger. Cette action fut largement diffusée sur les réseaux sociaux à renfort de commentaires xénophobes

Le lendemain, une manifestation de 150 habitants des vallées frontalières, engagés dans la solidarité concrète avec les migrants transitant dans cette région, traversent symboliquement la frontière de Clavière jusqu'à Briançon, pour protester contre la militarisation de la frontière et la non prise en charge des personnes mineures ou en demande d’asile par les autorités. La gendarmerie française effectue alors 6 interpellations arbitraires. Trois personnes seront relâchées et trois autres sont en liberté provisoire, en Savoie et à Marseille. Elles sont poursuivies pour « avoir par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière en France de plus d’une vingtaine d’étrangers, avec cette circonstance que les faits ont été commis en bande organisée », elles risquent selon la loi française jusqu’à 10 ans de prison, assortie de 750 000 euros d’amende.

Le jugement a été renvoyé au 31 mai 2018.

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EGM : déclaration historique pour une politique migratoire alternative

La première assemblée plénière des États Généraux des Migrations s’est tenue les 26-27 mai à Montreuil. Les centaines de participant.e.s ont adopté une déclaration inédite, fruit de la consultation de dizaines de milliers de citoyens, afin de proposer « un socle commun pour une politique migratoire respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes ».

Plus de 500 personnes, représentant les quelques 106 assemblées locales présentes dans 76 départements, ont assisté deux jours durant à la première session nationale des États Généraux des Migrations qui se tenait dans la grande salle des fêtes de la mairie de Montreuil.

Cette rencontre est l’aboutissement d’un processus de concertation citoyenne ayant réuni environ 10 000 personnes, citoyen.ne.s français.e.s et exilé.e.s, lancé en novembre 2017 par 450 associations et collectifs citoyens de solidarité avec les personnes étrangères, lassés de ne pas être entendus par les pouvoirs publics dans la définition de la politique migratoire. Huit mois durant, ces assemblées locales ont travaillé afin de rédiger des cahiers de doléances visant à lister les situations inacceptables, ainsi qu’à collecter des propositions pour un accueil digne des personnes étrangères.

Ces propositions ont servi de base à une déclaration historique, le « Manifeste des Assemblées locales des États Généraux des Migrations pour une politique migratoire respectueuse des droits fondamentaux et de la dignité des personnes », débattue et adoptée durant cette première assemblée plénière. Ce manifeste comporte une quarantaine de propositions concrètes, véritable socle politique pour répondre à la « crise des politiques migratoires ». Dans son préambule, le manifeste rappelle « la situation humanitaire déplorable dans laquelle sont laissées nombre de personnes étrangères sur le territoire français ou à ses frontières » et les nombreuses condamnations de la France pour ses « entorses au droit international et aux conventions internationales ratifiées ». Le manifeste proclame notamment « un respect du droit d’asile effectif, qui ne soit plus prétexte à une logique de tri » et « une égalité des droits entre Français· e·s et étranger·ère·s présent·e·s sur le territoire ». Le règlement Dublin, la rétention des étrangers, et les expulsions sont aussi dénoncés.

Cette assemblée plénière marque la première grande réussite des États Généraux des Migrations, processus qui ne cesse de s’élargir et regroupe aujourd’hui plus de 1 600 organisations locales et nationales. Les participant.e.s ont décidé de poursuivre ce processus collectif pour résister aux discours xénophobes qui gangrènent la politique française et alimentent le racisme. Mais également pour aller plus loin dans la construction d’une politique migratoire alternative et créer un mouvement d’opinion. Toutes ces associations et collectifs sont aussi mobilisés pour dénoncer le projet de loi Asile et Immigration qui sera prochainement débattu au Sénat, loi qui constitue l’antithèse répressive et dégradante du Manifeste des États Généraux des Migrations.

Lien vers le texte du Manifeste : https://eg-migrations.org/Manifeste-des-Assemblees-Locales-reunies-pour-la-1ere-session-pleniere-des

Le 28 mai 2018